Achats et ventes avec TVA à 20 % : enregistrements PCG pas à pas (débutants)
Lorsqu’on débute en comptabilité générale, la première difficulté n’est pas tant de « savoir coder » que de comprendre ce que l’on enregistre : une facture est presque toujours un échange entre plusieurs comptes du PCG, et la TVA crée souvent une troisième ligne. Ce guide propose une méthode simple, deux cas pratiques (achat et vente) et les repères indispensables pour ne pas confondre charges, tiers et banque.
Pour retrouver la nomenclature officielle, vous pouvez vous appuyer sur le plan comptable général (PCG) disponible sur Comptabilisation.fr.
1) Rappel express : débit, crédit et « image » de l’opération
En PCG, une écriture est toujours équilibrée : total débit = total crédit. Pour mémoriser l’effet économique :
- un débit augmente souvent une charge ou un actif (ex. achat, banque à l’encaissement d’un client) ;
- un crédit augmente souvent un passif, un produit, ou diminue un actif (ex. dette fournisseur, vente, paiement sortant).
La TVA récupérable sur achats est un créance sur l’État (actif) : elle se débite. La TVA collectée sur ventes est une dette envers l’État (passif) : elle se crédite.
2) Cas pratique A — Achat de marchandises TTC (TVA 20 %)
Hypothèse : une facture fournisseur indique 600 € HT de marchandises, 120 € de TVA (20 %), soit 720 € TTC à payer plus tard.
Comptes typiques :
- 607 — Achats de marchandises (charge) ;
- 4456 — TVA déductible (créance / actif) ;
- 401 — Fournisseurs (dette / passif).
| Compte | Libellé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 607 | Achats de marchandises | 600,00 | |
| 4456 | TVA déductible | 120,00 | |
| 401 | Fournisseurs | 720,00 |
À retenir : on enregistre l’achat à l’HT dans la charge, la TVA à part, et la dette au fournisseur au TTC.
Variante utile : si la facture concerne des petites fournitures non stockées (papeterie, petit matériel consommé immédiatement), on peut plutôt utiliser 606 (achats non stockés), sous réserve de la politique de seuils et du suivi interne de l’entreprise.
3) Cas pratique B — Vente de marchandises TTC (TVA 20 %)
Hypothèse : vente facturée 1 000 € HT, 200 € de TVA, soit 1 200 € TTC encaissés par virement bancaire.
- 512 — Banques (actif) ;
- 707 — Ventes de marchandises (produit) ;
- 4457 — TVA collectée (dette fiscale).
| Compte | Libellé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 512 | Banques | 1 200,00 | |
| 707 | Ventes de marchandises | 1 000,00 | |
| 4457 | TVA collectée | 200,00 |
Si le client paie plus tard, on remplace le débit 512 par un débit 411 (Clients), puis au règlement : débit 512 / crédit 411.
4) Trois erreurs fréquentes (et comment les éviter)
- Enregistrer la charge au TTC : la charge d’exploitation doit rester en HT (sauf cas particuliers de TVA non récupérable, traités différemment).
- Inverser TVA déductible et TVA collectée : l’achat crédite rarement la TVA « collectée » ; la vente ne débite pas la TVA « déductible ».
- Confondre 607 et 606 : 607 sert surtout aux marchandises revendues ; 606 aux achats non stockés de matières et fournitures.
5) Conclusion
Maîtriser achat et vente avec TVA, c’est surtout décomposer le montant TTC en composantes économiques cohérentes avec le PCG : charge ou produit au HT, TVA sur un compte d’impôt dédié, et tiers ou banque au TTC. Une fois ce schéma intégré, les écritures de base deviennent beaucoup plus lisibles — et la suite (avoirs, escomptes, TVA multi-taux, intracommunautaire) s’appuie sur la même logique.
Les montants et comptes présentés le sont à titre pédagogique. Les choix de sous-comptes (analytique, ventilation 4456/4457, etc.) peuvent varier selon l’organisation et les outils de l’entreprise.
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